Ma pratique artistique se situe à la croisée de la recherche et de l’expérience vécue. J’explore l’impression, le textile, le collage, l’image photographique et la médiation culturelle, en portant une attention particulière aux gestes, aux matières et aux relations.
Je m’intéresse aux liens, filiaux, communautaires, avec le vivant, comme des espaces de tension, de soin et de transformation. Dans un contexte façonné par le capitalisme tardif qui fragilise et isole, mon travail cherche à ouvrir des brèches, à résister, à faire place à d’autres manières d’être ensemble.
La matérialité est au cœur de ma démarche. Je collecte, assemble, transforme des matériaux qui portent déjà en eux des histoires. Je travaille avec leur fragilité et je les laisse résister et se recomposer. Ce rapport sensible à la matière me permet d’aborder l’impermanence et la présence comme des expériences concrètes. À travers ces mutations, je trouve des espaces fertiles pour penser autrement notre rapport au monde.
La médiation culturelle fait partie intégrante de ma pratique. Elle est pour moi un espace de rencontre, où les œuvres continuent de se transformer au contact des autres. J’y vois une manière de partager des questionnements, mais aussi de faire place à des savoirs multiples, situés, parfois contradictoires. Ces échanges nourrissent directement mon travail et en déplacent les contours.
Je cherche à créer des expériences qui transforment notre manière de percevoir, d’habiter et d’entrer en relation. Je m’inscris dans une approche où la création devient un écosystème vivant, fait d’interdépendances. Les notions de compostabilité et de régénération traversent ma pratique, comme des manières de penser la suite, de faire avec ce qui reste, de laisser advenir autre chose.
Être mère fait profondément partie de ma manière de créer. Cela transforme mon rapport au temps, à l’attention, à la fatigue, à la présence. Cela m’ancre dans une expérience quotidienne du soin et de la vulnérabilité. Cette réalité infiltre mon travail, non comme un sujet, mais comme une condition : une façon d’être au monde, de composer avec lui, et de continuer à imaginer, malgré tout, des formes de vie plus solidaires, lumineuses et vivantes.
Contact : mari.charlebois@gmail.com